Message du culte de famille du 21 décembre 2025 – 4e Dimanche de l’Avent
Le 21 décembre, nous avons vécu beau culte de famille. Nous nous sommes laissés inspirer par l’histoire du Mage aux mains vides, une narration de Marthe Balla. Nous la partageons ici pour que vous puissiez la raconter à votre tour..

Il y avait, dans un pays d’Orient, loin, loin, du côté où le soleil se lève, un homme riche, sage et savant. Tout le monde l’appelait « le mage ».
Un soir, en regardant le ciel il a vu briller une étoile nouvelle. Elle annonce sûrement la naissance d’un grand roi !
Le lendemain, en prenant son petit déjeuner, il réfléchissait : « Je vais aller voir ce roi. Mais, qu’est-ce que je pourrai lui apporter ?…Pour que son étoile soit si belle il est sûrement plus riche et plus puissant que moi…Et si je lui apportais du pain ? Tout le monde dit que mon pain est le meilleur du monde… »
Il appela ses serviteurs.
– Toi, le cuisinier, fais-moi le meilleur et le plus gros pain que tu puisses faire !
– Toi, tu brosses mon manteau le plus chaud, parce que je vais devoir voyager de nuit. Il va faire froid !
– Toi, tu selles mon plus beau cheval !
– Oui, maître, mais où est ce que tu vas ?
– Vers le soleil couchant, là où j’ai vu l’étoile se lever…
– C’est un rude chemin pour un cheval. Permets-moi un conseil : prends plutôt ton âne, il est peut plus lent, mais il est plus robuste….
– Tu as raison, va tout préparer !
Au soir le mage se met en route. Son âne le porte, infatigable, en direction de l’étoile qui brillait à nouveau du côté du soleil couchant. Le mage voyage longtemps, il se repose surtout le jour et attend le soir avec impatience pour que l’étoile lui indique la bonne direction.
Un jour, au détour du chemin, il entend pleurer. Il s’arrête et voit une femme, pauvrement vêtue avec ses enfants en larmes.
– Femme, mais pourquoi tes enfants pleurent-ils ?
– Ils ont froid, Seigneur, et je n’ai rien d’autre à leur mettre, rien pour les abriter…
Le mage est ému. Il se met à réfléchir : Si je marche à côté de mon âne, au lieu de me laisser porter, je n’aurai pas froid. Alors il enlève son manteau et le donne à la femme : Tiens enveloppe tes enfants dans mon manteau, ainsi ils n’auront plus froid ! Et il reprend sa route.
Le lendemain soir l’étoile se lève à nouveau. Et le mage la suit, plein de joie. Mais bientôt il s’arrête parce qu’il y a encore quelqu’un qui pleure au bord de la route.
– Mais qui êtes-vous ? Et pourquoi pleurez-vous ?
– Mes enfants ont faim, dit une voix de femme, ça fait longtemps qu’ils n’ont rien mangé d’autres que quelques baies sauvages…
Le mage se met à réfléchir : Un grand roi a sûrement un bon cuisinier et du bon pain. Celui que j’ai emporté n’est plus très frais de toute façon. Et puis je peux toujours offrir mon âne au roi ! Alors il sort le pain de son sac et le donne à la femme : « Tiens, partage ce pain avec tes enfants ! » Et le mage reprend sa route.
Le matin son âne est fatigué. Alors pour le laisser se reposer, il s’arrête sous un arbre, au bord d’un champ à moitié labouré. Un paysan arrive et reste là. Il regarde le champ sans bouger…
– Pourquoi restes-tu là à regarder ? Tu ne veux pas finir ton travail ?
– J’aimerais bien ! Mais mon vieil âne est mort cette nuit. Je n’ai pas d’argent pour en acheter un autre. Mes voisins sont aussi pauvres que moi et n’ont pas fini leur propre travail. Ils ne peuvent pas m’aider… et le temps des semailles est proche…
Le mage est consterné : mais ce champ doit être labouré ! Sinon il ne pourra rien récolter quand viendra la moisson. Mon âne est solide ! Un grand roi a sûrement aussi une grande écurie et beaucoup de bêtes. Et puis, je ne dois plus être loin de mon but : l’étoile me semblait toute proche cette nuit… Prends cet âne et mets-toi au travail !

Le mage reprend sa route, lentement. Vers le soir il arrive près d’un petit village. Il s’adosse au mur d’une vieille étable pour se reposer. Il regarde le ciel et trouve son étoile juste au-dessus de lui. Puis il baisse la tête et regarde ses mains.
« Mes mains sont vides, je n’ai plus rien à offrir au roi… je ne peux pas me présenter comme çà devant lui ! … Et pourtant j’aimerais tant le voir, même de loin… Mais ce n’est sûrement pas ici que je vais le trouver : il n’y a aucun palais, pas même une tente de riche nomade… et l’étoile qui est si près…je ne comprends pas… »
Ce jour-là Joseph avait livré des poutres à son cousin pour construire une nouvelle maison. En rentrant pour Marie et son fils, il voit un homme assis sous un arbre au bord du chemin. Il porte une très belle tunique mais il n’a pas de bagages, pas de provisions, même pas de manteau ! « Entre, voyageur, ne reste pas dehors dans le froid ; nous sommes pauvres mais ce que nous avons nous le partagerons de bon cœur et tu pourras te faire un lit dans un coin ! »
À l’intérieur il fait bon. Une jeune femme le regarde en souriant. Elle met un doigt sur ses lèvres et lui montre un enfant endormi. Le mage s’approche sans faire de bruit et se met à genoux pour mieux le voir…
Derrière lui la porte s’ouvre doucement. Une femme se glisse à l’intérieur et dit, tout bas : « Marie, je sais que tu dois partir avec l’enfant ; les nuits sont froides, prends ce manteau qu’un étranger m’a donné quand mes enfants avaient froid ! » Marie prend le manteau et le pose près de l’enfant. »
À nouveau la porte s’ouvre doucement. Une autre femme entre en disant : « Marie, je sais que tu dois partir avec l’enfant et votre route sera longue. Prends ce pain. Un étranger me l’a donné quand mes enfants avaient faim, mais il en reste un grand morceau et vous en aurez besoin ! » Et Marie pose le pain sur le manteau.
Encore une fois la porte s’ouvre. Cette fois un homme entre et s’adresse à Joseph : « Joseph, vous devez voyager vite alors que Marie est fatiguée et doit s’occuper de l’enfant. Je t’ai amené un âne, le tien est vieux et fatigué. Quand mon vieil âne est mort un étranger m’a donné le sien pour que je puisse labourer mon champ. Cet âne est grand et fort, il portera facilement Marie et l’enfant ! »
Le mage est tout étonné. Ses yeux se posent à nouveau sur l’enfant endormi. L’enfant ouvre ses yeux et regarde le mage en souriant. Alors le mage croit entendre une toute petite voix qui lui dit : « Tu vois, tu m’as trouvé et tu m’as tout donné ! »
