Prédication du 8 février 2026
Culte de famille – Sexagésime
Il était une fois, une graine. Une toute petite graine. C’était une graine de tournesol. Ces fleurs majestueuses, gigantesques, pleines de lumière. Ces fleurs qui sont comme des soleils. Oui notre petite graine était une graine de soleil.
Le soleil, d’ailleurs la connaissait. Et même, il l’aimait cette petite graine. Parce qu’il l’avait créée. Il savait ce qu’elle portait en elle, ce qu’elle pouvait devenir.
Il y a de lui en elle.

Cette graine avait un nom. Elle s’appelait Confiance.
Et notre petite Confiance savait une chose : Si elle voulait vivre, s’ouvrir, si elle voulait grandir, il fallait qu’elle s’installe dans la terre. Alors elle a cherché le meilleur terrain ! Elle a observé, comparé, analysé.
Ici, c’est trop dur. Là, c’est trop sec.
Plus loin, oh non, trop de pierres.
Ici ? Oh, non, il y a trop de choses déjà plantées.
Confiance hésite. Elle ne veut pas aller trop vite.
Elle veut bien grandir. Mais pas n’importe où.
Elle roule, elle roule, notre petite Confiance.
Tranquillement, elle a le temps.
Elle roule un peu plus loin. Puis encore un peu.
Elle cherche le terrain parfait.
Celui où tout serait simple. Celui où elle serait sûre de réussir.
Mais ce terrain parfait, elle ne le trouve jamais.
Et pendant qu’elle cherche, le vent se lève.
Au début, ce n’est qu’un souffle léger. Puis le souffle devient plus fort. Et sans qu’elle l’ait décidé, Confiance se met à rouler plus vite.
Ohlala mais il se passe quoi ?
Elle essaie de résister. Mais voilà que le vent l’a emporté.
Elle roule, elle roule, notre petite Confiance.
Confiance a peur. Elle ne sait pas où elle va. Elle ne maîtrise plus rien.
Le soleil lui, la regarde avec un sourire.
Parce qu’il sait, lui, que le vent souffle où il veut. On ne sait pas d’où il vient, ni où il va.
Il sait aussi que, même quand on ne comprend pas, le soleil lui, est toujours là.
Elle roule, elle roule, notre petite Confiance.
Et puis soudain, Confiance tombe.
Oh non non ! Je ne voulais pas aller ici ! Oh non non, ce n’est pas cette terre que j’ai choisie !
Mais c’est bien là qu’elle est tombée. Quelle déception. Quelle désillusion.
Le vent s’est arrêté. Notre petite Confiance, toute essoufflée, essaye de se calmer. Elle respire.
Je vais rester là. De toutes façons, je n’ai pas le choix.
Et alors qu’elle commençait tout juste à accepter, un énorme oiseau arrive et l’attrape dans son bec.
Il fait tout noir. Et humide. Et l’oiseau s’en va ! Il s’élève dans les airs. Il avance à tire d’aile. Il part loin, si loin !
Confiance, elle, ne voit rien.
Ni les petites maisons des humains,
Ni la plaine, ni la forêt,
Ni les rêves, ni les secrets.
Elle n’a plus la force de lutter. Elle se laisse déplacer.
Elle est fatiguée, notre petite Confiance.
L’oiseau est arrivé. Et Confiance est déposée. Elle réapparait.
Mais qu’est-ce que ? Beurk ! Pourquoi je suis toute gluante comme ça ? Et soleil, arrête de m’aveugler !
Pourquoi t’es toujours là à me regarder !
Confiance est épuisée. Elle s’effondre. Elle ne peut empêcher ses larmes de couler.
Ça dure un moment. Comme si elle se nettoyait de l’intérieur.
Et puis, quand toutes les larmes sont sorties, elle rassemble ses forces pour se redresser. Pour se nettoyer. Confiance enlève ce truc qui lui colle à la peau et l’empêche de respirer. Elle a morflé.
Elle est fatiguée, notre petite Confiance.
Mais elle est toujours là. Elle ne roule plus. Elle ne cherche plus. Elle est là.
Et pour la première fois, elle entend le soleil. Pourtant, il a toujours été là. Mais elle ne l’écoutait pas. Le soleil lui parle : Regarde cette terre où tu es. C’est vrai, ce n’est pas parfait. Mais c’est là que tu es ! A cette terre, laisse une chance. Moi je lui fais confiance.
Et la petite graine cesse de lutter. Elle cesse de choisir. Elle cesse de maîtriser.
Elle s’abandonne, notre petite Confiance.
Et voilà le silence. Et voilà l’obscurité. On dirait que tout est terminé. Mais là, sous la terre, dans le silence, dans le secret, la vie est en train de germer. La vie est en train de gagner.
Eh regardez !! Quelque chose est en train de pousser !
Une tige. Pâle. Fine. Fragile. Mais vivante ! Vivante et puissante !
Elle monte doucement. Elle monte surement. Elle cherche la lumière. Et elle grandit. Elle grandit. Elle grandit !
Elle est vivante, notre petite Confiance.

Ce n’est plus une tige. C’est une fleur majestueuse, gigantesque, pleines de lumière. Un tournesol qui relève la tête. Qui se tourne vers le soleil. Pas par sa volonté. Mais parce que c’est ainsi qu’il a été créé. Pour se tourner vers cette lumière qui l’a toujours aimé.
Et de petites graines, notre tournesol est rempli.
L’histoire n’est pas finie. Elles ont un nom, elles aussi.
Sophie Jung
